TORTURE


TORTURE
TORTURE

Un traité de police judiciaire datant de 1951 et conçu à l’usage des commissaires et officiers de police conseillait: «Il existe un degré inférieur de torture qui ne tombe pas sous le coup de la loi, qui ne vicie même pas la procédure et qui aide grandement l’officier de police dans son interrogatoire du criminel: n’est-ce pas une forme de torture que l’interrogatoire qui se prolonge des heures et des heures et où les policiers se relaient jusque dans la nuit pour profiter de l’épuisement de leur adversaire, finalement acculé au vertige mental d’où procède l’aveu? [...] Torture encore pourtant nullement prohibée que d’avoir à demeurer assis sur une chaise un jour entier, puis une nuit, et davantage encore.» Il y aurait ainsi une torture «inférieure», qui ne serait nullement illégale, qui n’altérerait jamais l’expression de la vérité, mais qui tiendrait pourtant à la manipulation mentale.

À l’opposé, il y aurait une torture totale exclusivement justifiée par la défense de vies innocentes; elle serait la réponse obligée, donc «juste», au scénario classiquement évoqué du terroriste qui a caché dans New York une bombe capable de faire sauter la ville et qui est tombé aux mains des policiers peu avant l’heure connue de l’explosion. La justification de la torture est ici pratique (elle a un but clairement défini et totalement moral) et politique: le terroriste s’est sciemment et volontairement placé en dehors des normes de la société qu’il combat; les lois de celle-ci ne lui sont donc plus applicables et il ne peut se plaindre de ce que cette société, qu’il cherche à détruire, le détruise pour se sauver.

Torture acceptable; torture obligée: le discours qui tend à justifier la torture oscille entre ces deux exemples, entre ces deux attitudes rationnelles, responsables et que ne marque nulle tendance sadique.

Dans les deux aspects de cette violence nécessaire et contrôlée un même objet non moins violemment désiré: l’aveu. La violence a pour objet le savoir. Et, pour l’obtenir, il faut en passer par le «vertige mental» de l’autre. C’est donc ce vertige qu’il faut analyser pour comprendre la torture, si faire se peut. Mais à ce vertige du supplicié s’oppose un autre vertige: celui, immédiat et, semble-t-il, innocent, qui nous prend à évoquer l’agir du tortionnaire et le soupir du torturé. Rien ne peut nous faire comprendre cette douleur, cette violence; et le cœur nous tourne. Mais aucun aveu ne nous vient aux lèvres excepté celui qui, d’écœurement, nous fait redécouvrir la loi du talion: «Il faudrait leur en faire autant.» Là seulement nous soupçonnons, un instant, l’aspect circulaire de la torture. C’est ce cercle qu’il faudrait parvenir à rompre.

La torture antique

La tradition législative romaine ne pouvait pas ne pas se pencher sur cet individu si particulier qu’est l’esclave. Produit des guerres, mais parfois de véritables razzias destinées à fournir de la main-d’œuvre à l’agriculture, objet que l’on achète et que l’on vend, l’esclave n’a aucune existence juridique, excepté s’il est volé ou s’il disparaît. Aussi ne peut-il être cité à titre de témoin dans un procès, puisque la loi romaine requiert le serment d’un homme libre. La seule valeur probante des dires d’un esclave ne peut résulter que de l’emploi de la «question» prescrite par le tribunal. Parallèlement à cette torture, dont l’enjeu «légal» est la manifestation de la vérité, l’esclave est passible de nombreuses formes de tortures primitives (le plus souvent confiées à un esclave public, le carnifex , la fonction étant infamante pour un citoyen romain). Ainsi la torture romaine, au temps de la royauté et de la République, a-t-elle deux aspects liés à une seule position théorique: l’esclave n’a pas de valeur juridique mais seulement une valeur économique. Sa parole doit être prouvée par sa souffrance. Le fait qu’il n’ait d’autre fonction que d’utilité entraîne qu’il soit soumis à toutes les formes de coercition.

L’esclave est ainsi totalement différent: sa nature est cette différence. La torture semble alors une sorte de sanction de cette différence. L’Empire déplace cette différence: le citoyen libre n’est plus à l’abri; sa citoyenneté ne suffit plus à le défendre contre la torture. Le crime de lèse-majesté (crimen majestatis ) est codifié: soit il prend l’aspect du crime de perduellio , commis par hostilité au peuple romain ou au prince à qui le pouvoir est délégué; soit il offense le respect dû au prince ou à ses magistrats par quelque attitude étrange ou audacieuse, et c’est là le vrai crime de lèse-majesté. Dans les deux cas, il s’agit de crime d’État dont il faut faire reconnaître au coupable l’odieuse indignité. Ici, la différence devient politique, et la définition de ce crime est aussi peu précise que possible. Le développement du culte impérial – et les conséquences qu’il entraînera dans la lutte contre les chrétiens – étendra encore la gamme des différences intolérables: ainsi, ne pas participer au culte impérial, c’est marquer son exclusion volontaire de la société. C’est cette attitude qu’il convient de sanctionner en obtenant du coupable une ultime velléité de rentrer sous la loi commune, au sein de la société. L’aveu ne suffit plus: l’abjuration devient l’objet de la torture. Non seulement la différence est intolérable à l’État, mais elle doit être réduite. La formule des magistrats romains vis-à-vis des condamnés est claire: «Non licet esse vos »!

L’avènement du christianisme en tant que religion d’État ne changera rien à la légalité de la torture: celle-ci pourra alors s’appliquer pleinement aux hérétiques; Théodose et Honorius assimilent l’hérésie au crimen majestatis et font mourir dans l’horreur des milliers de païens. Mais, jusqu’à l’Inquisition, l’Église et le pouvoir chrétien n’auront que rarement recours à cette procédure. La chute de l’Empire romain et l’extension des coutumes germaniques modifieront le sens de la torture: l’ordalie, jugement de Dieu, sera une torture acceptée, voulue parfois; elle demeurera le témoignage ultime, mais elle est l’affirmation pure de l’appartenance à la communauté.

Esclaves, opposants politiques, hérétiques d’un bord ou de l’autre: Rome, au cours de son histoire, établit peu à peu le catalogue des aspects divers de la différence vis-à-vis de l’État. Pourtant, l’Antiquité ne prône pas universellement l’application de la torture: Platon semble la condamner et lui refuser tout efficace; si Cicéron en admet l’utilité pour établir les faits, Sénèque s’indigne des jeux du cirque et de la cruauté de Néron envers les chrétiens; Tacite et surtout Tertullien et Juvénal ne cachent pas leur répulsion contre ces procédés barbares. Mais, malgré des écrits parfois courageux, les philosophes de l’Antiquité semblent tous admettre que la torture se légitime dès lors qu’elle se limite à la nécessité de l’investigation en matière d’actes criminels.

Les règles du «jeu»

Jusqu’à l’invention de l’électricité (la «gégène»), les instruments de la torture en vigueur dans l’Antiquité se modifieront peu, sinon pour obtenir une gradation plus grande de la souffrance du condamné. L’instrument majeur est le cheval de bois (l’equus ), surtout utilisé contre les chrétiens: «Ce cheval, assemblage ingénieux de roues creuses, de poulies et de cordes, permettait de graduer la torture sans mettre en danger la vie de la victime, et pouvait la distendre et la disloquer tout à loisir. Autrefois construit à la ressemblance d’un vrai cheval, cette machine à torturer est l’ancêtre de la roue [...]» (M. Foucault). Mais la torture, surtout à l’époque impériale, connaît d’autres moyens: chaque instrument a un emploi précisément défini: bâtons en bois de vigne pour certains cas, bâtons munis de pointes de fer, dits «scorpions», dans d’autres. Tous les accessoires possibles voient leur usage codifié: courroies, chaînes, colliers, plaques rougies au feu, tisons, lanières, bâtons, pics pour les cas les moins graves... Rien n’est laissé au hasard, et, au fil du temps jusqu’à l’abolition de la torture au XVIIIe siècle, cette codification ira en s’accroissant comme si elle établissait une sorte d’égalité entre le tortionnaire et sa victime en éliminant toute velléité pulsionnelle. Michel Foucault a écrit, mais surtout à propos de la technique inquisitoriale, que cela correspond à un jeu réglé: «On peut à partir de là retrouver le fonctionnement de la question comme supplice de vérité. D’abord, la question n’est pas une manière d’arracher la vérité à tout prix; ce n’est point la torture déchaînée des interrogatoires modernes; elle est cruelle, certes, mais non sauvage. Il s’agit d’une pratique réglée qui obéit à une procédure bien définie : moments, durée, instruments utilisés [...]. La torture est un jeu judiciaire strict. Et à ce titre, par-delà les techniques de l’Inquisition, elle se rattache aux vieilles épreuves qui avaient cours dans les procédures accusatoires: ordalies, duels judiciaires, jugement de Dieu. Entre le juge qui ordonne la question et le suspect qu’on torture, il y a encore comme une sorte de joute [...].» Cette interprétation de la torture comme ressortissant encore à la logique du combat peut laisser sceptique; du moins est-elle admissible en ce qui concerne la pratique de l’Inquisition, qui ajoute à la volonté d’obtenir l’aveu une procédure particulière, celle du secret.

De l’Inquisition à l’abolition

Le concile de Vérone de 1184 donne pour la première fois ordre aux évêques de rechercher eux-mêmes les hérétiques; il fait appel aux princes et aux seigneurs pour lutter contre l’hérésie sous peine d’excommunication. Il crée une «constitution» qui fait des évêques les premiers inquisiteurs et qui livre aux bras séculiers clercs et laïcs coupables d’hérésie (l’Église condamnant toute effusion de sang). Les premières commissions inquisitoriales composées de prêtres et de laïcs sont présentes au concile d’Avignon en 1200. En 1219, une bulle papale débute par ces mots: «Que chacun de vous ceigne son épée et n’épargne ni son frère ni son plus proche parent.» Et, le 20 avril 1223, Grégoire IX confie le quasi-monopole de l’Inquisition aux frères prêcheurs, auxquels sont associés les frères mineurs. Les pouvoirs inquisitoriaux sont confiés à deux dominicains au moins dans chaque cité, dans le midi de la France d’abord, foyer de l’hérésie cathare, puis dans toute la chrétienté. Les inquisiteurs rédigent des manuels de procédure qui deviennent rapidement des «guides pratiques de l’interrogation sous la torture». Le plus célèbre de ces manuels est celui de Bernard Gui, inquisiteur dans le Toulousain de 1307 à 1324; on connaît, en outre, celui de Nicolas Eymeric qui, le premier, reconnaît les limites de la torture: elle peut faire mourir les plus forts sans qu’ils avouent et faire avouer les plus faibles indistinctement.

La torture acceptée par l’autorité religieuse ne diffère de la torture romaine que sous un aspect: le silence. Le secret est l’invention du pouvoir dominicain: les chefs d’accusation ne sont pas connus du suspect; l’inculpé ne peut demander aucune assistance judiciaire (cela se passe «sans clameur d’avocat»). Les débats sont, certes, contradictoires, mais jamais publiés; l’accusé n’est jamais mis en présence de ses accusateurs. Et, pourtant, il importe que l’accusé se défende (ce qui permet à Michel Foucault d’évoquer la joute): car, ce que recherche le pouvoir ecclésiastique, c’est l’aveu, qui fait de l’accusé l’accusateur de lui-même; il faut non seulement qu’il confesse sa faute, mais encore qu’il requière contre elle, et donc contre lui-même. Pourtant, comme l’écrit M. Foucault, «le secret n’empêchait pas que, pour établir la vérité, on devait obéir à certaines règles. Le secret impliquait même que soit établi un modèle rigoureux de démonstration pénale». C’est ce modèle même, avec ces preuves vraies , directes ou légitimes , indirectes , conjecturales ou artificielles , manifestes , considérables , imparfaites ou légères , urgentes ou nécessaires ; avec ses indices prochains ou preuves semi-pleines , ses indices éloignés ou «adminicules »; c’est ce modèle judiciaire rigoureux, permettant de constituer une véritable algèbre, qui autorisera certains commentateurs à voir dans la torture le mode de production de la preuve le plus élaboré qu’on ait connu jusqu’au XIXe siècle. Cette interprétation de l’usage juridique de la torture pourrait se justifier dans le strict domaine du droit pénal; mais la confusion du domaine politique avec le domaine criminel limite la valeur de cette analyse et la réduit à l’état de vœu pieux rétroactif. Car, si l’algèbre de la preuve détermine le nombre de coins qu’on doit enfoncer dans le brodequin, c’est cette même algèbre (utilisée dans le même secret de procédure) qui servit aux grands procès de Moscou des années trente, à ceux de Budapest ou de Prague. L’aboliton de la torture par la Révolution française ne fut que l’effet de l’évolution du droit pénal. Le maintien de son usage dans le champ politique montre seulement que l’intérêt de l’État a changé d’aspect.

Torture et conflit

Le nazisme n’accordait aux juifs aucun droit civil: la torture du juif était, sous cet aspect, proche de la torture infligée à l’esclave romain. La justification – ou l’absence de besoin de justification – était, au regard des nazis, de droit. La torture moderne se justifie par les mêmes voies que dans l’Antiquité; l’homme que l’on torture n’est jamais totalement homme: déviant, juif, antisoviétique, terroriste, drogué, il est en dehors de la société, et cette exclusion suffit à légitimer ou, du moins, à expliquer son supplice. Sergio Fleury, maître tortionnaire brésilien des années soixante, répond à sa façon sur le même ton à une lettre accusatrice de l’Association des chrétiens contre la torture; dans son post-scriptum , il écrit: «Je dois vous avouer que je ne crois pas que nous soyons de la même race humaine (je veux parler de la race des Hommes).»

Le refus de reconnaître sa responsabilité, qui est le trait majeur du discours du tortionnaire, est la conséquence de cette attitude; de plus, celle-ci dépersonnalise le bourreau comme la victime, de sorte qu’aucune responsabilité n’apparaîtra en fin de compte (au mieux, il ne restera que de l’information). Si la torture peut être dite «blanche», c’est moins parce qu’elle peut être «médicale» ou «psychiatrique» et ne laisser aucune trace physique horrible que parce qu’elle est toujours la sanction externe d’une amputation volontaire de la société par elle-même. Si certains officiers SS étaient capables de torturer sauvageusement leurs proies tout en étant des maris et des pères exemplaires, c’est qu’une exclusion radicale marquait celles-ci à leurs yeux. Les «crimes contre l’État soviétique» sont de la même nature.

Le monde contemporain est marqué par une sorte de généralisation des conflits: il ne s’agit plus nécessairement de guerres à proprement parler, mais d’oppositions, de subversions, de révolutions, d’actes de terrorisme. L’Institut français de polémologie recensait, pour 1982, 1 371 manifestations de violence politique dans le monde. Or l’une des raisons les plus fréquemment invoquées pour justifier la pratique de la torture est la situation de guerre; pourtant, les quatre conventions de Genève signées le 12 août 1949 interdisent «toute contrainte physique ou morale visant à arracher des aveux, ou obtenir contre la volonté une collaboration». On sait ce qu’il en fut, ou en est, de la pratique des États signataires, la guerre d’Algérie, par exemple, ayant à ce sujet péniblement marqué les Français. Ajoutons que la Convention européenne des droits de l’homme de 1950 a interdit tout emploi de la torture dans les cas d’instabilité politique intérieure ou lors de tout autre état d’exception.

Torture et peine politique

L’élaboration de la loi morale, produit achevé de l’Aufklärung qui publie les droits de l’homme, témoigne de la raison torturante comme de la raison torturée: la maxime de l’action peut très bien devenir en même temps une loi universelle parce que l’autre – «autrui» – s’est a priori exclu du consensus humain, qu’il est radicalement autre et qu’il se veut et se considère lui-même exclusivement comme étant un moyen. C’est bien là le discours du tortionnaire. De la même façon, en tant que triomphe de la raison, la loi procède par exclusion: elle n’a à connaître que ce qu’elle définit comme «raisonnable». Deux siècles plus tard, le refoulé fera retour dans l’interprétation freudienne: l’inconscient, posé comme ce qui ne peut devenir conscient, pourra alors apparaître comme cet Autre torturé pour le savoir. Le «continent noir» de la sexualité féminine devient alors une figure avouée du «torturable» (en particulier sous la forme de la sorcière) et la législation s’épuisera à tenter de rattraper les lapsus de la raison (femmes battues, viol, enfants martyrs...).

La dénonciation de la torture (même s’il s’agit parfois d’une compensation manifeste) ne peut donc en rester au point de vue moral: l’objectif d’organisations telles que Amnesty International est d’obtenir que soit abolie la différence et ainsi d’obtenir le respect d’une codification universelle, en l’occurrence celle des droits de l’homme exprimée dans la charte de l’O.N.U. Seule cette base d’une égalité de principe peut donner à la dénonciation un efficace. En outre, la publication des cas de torture permet de briser le secret dont on a vu qu’il était l’un des ressorts puissants de cette pratique. Pourtant, une confusion s’établit souvent entre dénonciation de la torture et dénonciation des peines politiques prononcées pour délit d’opinion. Déjà, sous l’Empire romain, une attitude étrange ou audacieuse pouvait relever du crimen majestatis ; nos sociétés modernes font de même, que ce soit au Chili, en Iran ou en Union soviétique. Il n’en reste pas moins que ces peines politiques ne sont pas totalement assimilables à la torture: l’aveu précède presque toujours la condamnation (il fait même parfois figure de déclaration ou de programme); il n’y a pas nécessairement épreuve physique; le secret est rare (quoique de plus en plus fréquent depuis le début des années soixante-dix).

Condamnée par les instances internationales, la pratique de la torture n’en subsiste pas moins; elle n’est plus légitimée par la raison pratique mais par des raisons politiques. Et celles-ci semblent presque toujours l’emporter, justifiant par là en retour la subversion armée, le terrorisme et la torture même. Il n’est que d’évoquer les «traitements inhumains» subis par les membres de l’I.R.A. tombés aux mains des Anglais (traitements que dénonça la Cour européenne des droits de l’homme), ou les conditions de détention de Baader, de Meinhoff et d’autres membres de la R.A.F. pour s’en convaincre. Si le travail d’Amnesty International est sans pareil dans son courage opiniâtre, il manque une critique de la raison politique qui fonde dialectiquement l’inadéquation de la torture – et de toute condamnation pour délit d’opinion – à la politique.

torture [ tɔrtyr ] n. f.
• fin XIIe sens 3; bas lat. tortura
1(1459) Anciennt Peine grave, supplice pouvant entraîner la mort. supplice. « Tout ce qu'ils [les pèlerins] pouvaient trouver de juifs, ils les faisaient périr dans les tortures » (Michelet). Faire subir, infliger la torture à qqn. Torture destinée à arracher des aveux. question. Instruments, chambre de torture.
Mod. Souffrances physiques infligées à qqn pour lui faire avouer ce qu'il refuse de révéler. « la torture est d'abord une entreprise d'avilissement » (Sartre). Parler sous la torture.
2Loc. fig. Instruments de torture, se dit d'instruments, d'objets qui font souffrir. Les instruments de torture du dentiste. Mettre qqn à la torture, le mettre au supplice, l'embarrasser ou le laisser dans l'incertitude. Se mettre l'esprit à la torture : se creuser la tête, faire des efforts pénibles pour se rappeler, pour combiner qqch.
3Souffrance physique ou morale intolérable. martyre, peine, tourment. « Dévoré par la gangrène et souffrant d'atroces tortures » (Bloy). La torture de la soif. « J'ai trop cruellement pensé à toi dans les tortures de l'absence » (France). Par ext. « Ce lui était une torture de travailler » (R. Rolland). pénible.

torture nom féminin (bas latin tortura, torsion, du latin classique torquere, torturer) Tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales sont intentionnellement infligées à une personne : Des aveux arrachés sous la torture. Souffrance physique ou morale extrême : Cette longue attente était une torture.torture (citations) nom féminin (bas latin tortura, torsion, du latin classique torquere, torturer) Stanisław Jerzy Lec Łwów 1909-Varsovie 1966 Même les masochistes font des aveux complets sous les tortures. Par reconnaissance. Pensées hirsutes Nusret Aziz Nesin Istanbul 1915-Çeşme, province de Smyrne, 1995 L'homme, c'est un animal qui torture et qui est torturé. Un fou sur le toit torture (expressions) nom féminin (bas latin tortura, torsion, du latin classique torquere, torturer) Tortures et actes de barbarie, incrimination introduite par le nouveau Code pénal et qui constitue une circonstance aggravante lorsqu'elle accompagne un autre crime. Être à la torture, mettre quelqu'un à la torture, éprouver, faire éprouver à quelqu'un une vive souffrance morale. ● torture (synonymes) nom féminin (bas latin tortura, torsion, du latin classique torquere, torturer) Souffrance physique ou morale extrême
Synonymes :
- mal

torture
n. f.
d1./d Souffrance grave que l'on fait subir volontairement à qqn, partic. pour lui arracher des aveux. (V. supplice.) Instruments de torture.
|| Loc. fig. Mettre qqn à la torture, dans un embarras, une incertitude extrêmement pénibles. Mettre son esprit à la torture: s'efforcer désespérément de trouver une solution, une idée.
d2./d Litt. Souffrance intolérable. Syn. tourment.

⇒TORTURE, subst. fém.
A. — Souffrance physique intense infligée à quelqu'un. Synon. martyre, supplice. Torture abominable, affreuse, atroce, cruelle, effroyable, horrible; torture(s) nouvelle(s), raffinée(s); appliquer, infliger, subir une/des torture(s). Aucune volonté ne peut être forcée par la force, aucun assentiment ne peut être extorqué par torture (JANKÉL., Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 258):
Pour le nègre de la contrée au sud du lac Tjad, il est raisonnable, indispensable, louable, pieux, de massacrer l'étranger aussitôt qu'on peut le saisir, et si on lui arrache le dernier souffle du corps au moyen d'une torture finement graduée, modulée et appliquée, tout n'en est que mieux et la conscience de l'opérateur s'en trouve à merveille.
GOBINEAU, Nouv. asiat., 1876, p. 6.
P. métaph. Dans de pauvres jardinets bourgeois (...) des arbustes débiles, à force de greffes, de tortures subies, en viennent à produire des fruits contre lesquels s'indignent les racines (FABRE, Rom. peintre, 1878, p. 5). Un abominable système de contraintes, en briques, en couloirs, en verrous, en guichets, une torture architecturale gigantesque, inexpiable (CÉLINE, Voyage, 1932, p. 257).
B. — 1. RELIG. CHRÉT. Châtiment, ensemble des châtiments auquel les damnés sont soumis en enfer. Torture(s) éternelle(s). Un possédé se tord entre trois démons qui se pendent à lui et l'entraînent (...) cet œil renversé, inégalement ouvert, exprime d'avance les tortures de l'enfer auquel le saint veut l'arracher (MICHELET, Chemins Europe, 1874, p. 265).
2. HIST. DU DR. Synon. question2.
a) HIST. GR. ET ROMAINE. Institution du droit grec et romain, consistant en un ensemble de violences physiques exercées notamment à l'encontre des esclaves dont on voulait obtenir des aveux. J'ai soutenu une thèse en latin sur la manière dont on donnait la torture à Rome (HUGO, Misér., t. 1, 1862, p. 172). Caligula a donné quatre-vingt-un mille sesterces à un esclave voleur que la torture n'avait pas fait avouer (CAMUS, Caligula, 1944, IV, 4, p. 86).
b) [Du Moy. Âge jusqu'à la Révolution] Sanction corporelle très grave, pouvant entraîner la mort, qui était infligée par des tribunaux laïques ou religieux soit pour obtenir des révélations, soit en guise de punition. Tortures de l'Inquisition. Le code de terreur contre les protestants, les supplices cruels et la torture, ont subsisté jusqu'à la Révolution (STAËL, Consid. Révol. fr., t. 1, 1817, p. 107). Il se félicitait de l'adoucissement des mœurs qui s'était manifesté, dans l'ordre judiciaire, par la suppression de la torture et des supplices ignominieux ou cruels (A. FRANCE, Dieux ont soif, 1912, p. 110).
3. Ensemble des procédés provoquant des souffrances physiques et/ou psychologiques intenses employés à l'encontre d'opposants, pour des raisons politiques, idéologiques, afin d'obtenir des aveux, des renseignements, etc. Une mutation est en cours. La torture devient « propre ». Les nouveaux bourreaux revêtent la blouse blanche (...). L'outillage désuet des tourmenteurs professionnels ou amateurs est remplacé par l'électricité, le bistouri et les drogues. Et c'est tellement plus satisfaisant. La vue de la douleur répugne de plus en plus (J.-C. LAURET, R. LASIERRA, La Torture propre, 1975, p. 16).
C. — Loc. (au propre et au fig.)
1. Subst. + de torture. Utilisé pour faire subir la torture. Brodequins de torture. Il allait à son tour s'étendre sur le sinistre chevalet de torture (MURGER, Scènes vie jeun., 1851, p. 173).
Appareil(s), instrument(s), outil(s) de torture. Je me suis senti froid dans le dos, devant toutes ces inventions de souffrances, devant tous ces instruments de torture, avec lesquels l'homme, pendant des siècles, perfectionna et férocisa la mort (GONCOURT, Journal, 1872, p. 918). Les bourreaux, masqués, traînant les appareils de torture (HUGO, Légende, t. 3, 1877, p. 178).
P. anal. et p. exagér. Elle me fit faire bien vite un corset, à moi qui ne connaissais pas cet instrument de torture (SAND, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 418). Joseph revint au rez-de-chaussée, juste comme le téléphone recommençait de sonner. « Et il n'y aurait donc personne pour arrêter une bonne fois cet appareil de torture? » (DUHAMEL, Passion J. Pasquier, 1945, p. 243).
Chambre de torture. Une femme, à Paris, est conduite à la chambre de torture, dans un hôtel où est installée la police allemande (GREEN, Journal, 1944, p. 182).
2. Mettre à la torture. Faire subir la torture. Synon. martyriser, torturer. Ce bâtard avait traîné à Meaux un jeune homme qu'il avait enlevé de sa charrue. Il commença par le faire mettre à la torture, exigeant de lui une rançon exorbitante (BARANTE, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 346). Platina a été emprisonné, puis mis à la torture en présence du pape lui-même (MONTHERL., Malatesta, 1946, IV, 7, p. 519).
Au fig., p. exagér. Plonger dans un grand embarras, dans une grande impatience. Synon. tourmenter. J'ai trouvé au-dessus du village de Castia une inscription antique qui (...) depuis deux jours, me met à la torture (...). Personne ne l'a vue avant moi; j'aurai l'honneur de la découverte (ABOUT, Roi mont., 1857, p. 286). Je dis que j'étais allé à la ville pour acheter des livres; et don Jean Martin me mit à la torture en me demandant plusieurs fois à voir ces livres (LARBAUD, Barnabooth, 1913, p. 184).
(Se) mettre l'esprit à la torture. Faire de grands efforts de réflexion pour comprendre, se souvenir de quelque chose, pour résoudre une difficulté, effectuer un travail, etc. Synon. se torturer, se creuser la cervelle, se fatiguer les méninges (v. méninge). Il mettait son esprit à la torture pour comprendre comment elle pouvait garder tant de réserve avec lui (KARR, Sous tilleuls, 1832, p. 301). Chaque fois que la princesse de Parme invitait Mme de Guermantes, elle avait à se mettre l'esprit à la torture pour n'avoir personne qui pût déplaire à la duchesse et l'empêcher de revenir (PROUST, Guermantes 1, 1920, p. 454).
D. — P. anal.
1. Souvent au plur. Grande douleur, souffrances physiques provoquées par certaines situations, certains facteurs (manque de boisson, de nourriture, conditions climatiques extrêmes, maladies, etc.). Subir les tortures de la chaleur, de la soif. Seize semaines de tortures causées par une faim permanente, à peine soulagée par quelques bribes de pain subtilement dérobées (BAUDEL., Paradis artif., 1860, p. 398). Mr Fogg, ne voulant pas exposer Mrs Aouda aux tortures d'une traversée en plein air, par ce froid que la vitesse rendrait plus insupportable encore, lui proposa de rester (...) à la station de Kearney (VERNE, Tour monde, 1873, p. 184).
2. Tourment moral. Torture de l'âme, de la conscience; torture intérieure; torture de l'absence, de l'amour. J'ai dû vous faire souffrir mille tortures par mes injustes soupçons (PONSON DU TERR., Rocambole, t. 3, 1859, p. 339). Aux tortures de l'angoisse et de la pitié succédaient les supplices de la jalousie et de la fureur (MILOSZ, Amour. init., 1910, p. 105).
Être à la torture. Venez, leur dis-je, me voici; Votre mère est à la torture En vous sachant tout seuls ici (ROLLINAT, Névroses, 1883, p. 289).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Fin XIIe s. « souffrance physique ou morale intolérable » (Sermons S. Bernard, 21, 15 ds T.-L.); 1745 tortures de la jalousie (F. T. DE BACULARD D'ARNAUD, Les Époux malheureux, p. 102); 2. 1459 « souffrance physique qu'on inflige à quelqu'un par voie de justice » mettre à la gehenne et torture (Mémoires de J. du Clercq, III, 12, 24 ds BARTZSCH, p. 66); 1770 instruments de la torture (RAYNAL, Hist. philos. et pol., p. 355); 3. 1580 « violence faite à quelqu'un pour lui faire révéler quelque chose » (MONTAIGNE, Essais, II, 5, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 369); 4. 1627 mettre qqn à la torture « embarrasser » (Ch. SOREL, Le Berger extravagant, p. 254); 1630 mettre son esprit à la torture (J. MAIRET, Chryseide et Arimand, p. 163). Du lat. tardif tortura « action de tordre », « torture, souffrance », dér. du lat. tortum, supin de torquere « tordre »; « torturer ». Fréq. abs. littér.:1 220. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 1 569, b) 2 175; XXe s.: a) 2 297, b) 1 301.

torture [tɔʀtyʀ] n. f.
ÉTYM. V. 1190; du bas lat. tortura, proprt « action de tordre », du lat. class. tortum, supin de torquere « tordre ».
1 (1459). Anciennt. Peine grave, punition corporelle pouvant entraîner la mort, autrefois infligée par la justice. Supplice (1.). || Faire périr qqn dans les tortures (→ Payer, cit. 40). || La torture et l'exil (→ Silence, cit. 1). || Le martyre (cit. 4), torture qui sacre.
Souffrance physique intense infligée pour arracher des aveux. Gêne, question, tourment. || Infliger (cit. 1) la torture à qqn. || Mettre qqn à la torture (→ Intolérant, cit. 4). || Instruments, chambre de torture. || Bourreau qui applique la torture. Tortionnaire. || Les tortures de l'Inquisition.
1 (…) les juges d'Abbeville (…) ordonnèrent, non seulement qu'on lui arrachât la langue, qu'on lui coupât la main, et qu'on brûlât son corps à petit feu; mais ils l'appliquèrent encore à la torture pour savoir précisément (…) combien de processions il avait vues passer, le chapeau sur la tête.
Voltaire, Dict. philosophique, art. Torture.
2 Les chambres de torture étaient d'âpres demeures;
On n'y passait jamais plus de quatre ou cinq heures (…)
Hugo, la Légende des siècles, XXIX, Mansuétude des anc. juges.
3 (…) je me suis senti froid dans le dos, devant toutes ces inventions de souffrance, devant tous ces instruments de torture, avec lesquels l'homme, pendant des siècles, férocisa la mort. Et mes yeux cherchaient, malgré moi, dans cette ferronnerie cruelle, la rouille qui fut autrefois du sang.
Ed. et J. de Goncourt, Journal, 3 sept. 1872, t. V, p. 57.
3.1 Un peuple qui ferme les yeux sur certains abus pratiqués chez lui n'est pas digne d'effacer de ses lois la torture suprême qu'est la peine de mort, la seule torture qui ne soit pas vile, la seule dont le bourreau ne se déshonore pas.
F. Mauriac, le Nouveau Bloc-notes 1958-1960, p. 21.
(1580). Mod. Violence faite à quelqu'un pour lui faire avouer ce qu'il refuse de révéler, par laquelle on lui inflige des souffrances physiques telles qu'il soit réduit à céder pour les faire cesser. || Employer des tortures, commettre des actes de barbarie… (→ Assassinat, cit. 4). || Subir, supporter des tortures; mourir des suites de tortures. || Raffinement de cruauté dans les tortures. || La torture est illégale. || Pays, régimes qui emploient la torture au mépris des droits de l'homme.
4 Quant à la torture, elle est née de la partie infâme du cœur de l'homme, assoiffé de voluptés. Cruauté et volupté, sensations identiques (…)
Baudelaire, Journaux intimes, « Mon cœur mis à nu », XXI.
5 (…) la torture est d'abord une entreprise d'avilissement : quelles que soient les souffrances endurées, c'est la victime qui décide en dernier recours du moment où elles sont insupportables et où il faut parler (…)
Sartre, Situations II, p. 247.
6 L'usage de la torture dans les interrogatoires policiers ou politiques (je n'y vois pas de différence fondamentale) est une sorte de crime métaphysique car cela consiste à ramener l'âme aux dimensions du corps (…) Il me semble qu'un homme qui a cédé à la torture doit en éprouver une honte inguérissable; il a vu se rapetisser son âme.
J. Dutourd, le Fond et la Forme, I, La torture, p. 265.
2 Loc. fig. Instruments de torture, se dit d'instruments, d'objets qui font souffrir (→ Punching-ball, cit.). || Les instruments de torture du dentiste.
(1647). Mettre à la torture. || Mettre qqn à la torture, le mettre au supplice, l'embarrasser ou le faire griller d'impatience (→ Mollesse, cit. 2; nuit, cit. 17). — ☑ (1690). Mettre son esprit à la torture : se creuser l'esprit, faire des efforts pénibles en cherchant ce qu'on a oublié.
7 (…) cela me mit l'esprit et les nerfs à la torture, si parfois cela contente un peu mon cœur.
Gide, Journal, 6 juil. 1914.
3 Souffrance physique ou morale intolérable (→ Interrogatoire, cit. 2). Martyre; mal, peine, souffrance, tourment. || Les tortures du corps (→ Inapaisable, cit. 1). || Souffrir d'atroces tortures (→ Pendaison, cit.), toutes les tortures (→ 2. Souvenir, cit. 2). Douleur. || Les tortures de l'enfer, de la géhenne. || Le remords (cit. 7) est une torture. || Les tortures de l'absence (→ Cruellement, cit. 2), de l'angoisse, de la jalousie (→ Curiosité, cit. 17).Par ext. || Ce lui (cit. 9) était une torture de travailler. Pénible.
DÉR. Torturer.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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